Le Ti Train : l'histoire du chemin de fer disparu de La Réunion
Pendant près d'un siècle, un petit train a longé le littoral de La Réunion, reliant les villes et transportant la canne à sucre. Disparu en 1976, le « ti train » reste gravé dans la mémoire de l'île. Retour sur une épopée ferroviaire hors du commun, et sur ce qu'il en reste aujourd'hui.
1882 inauguration126 km de voie côtière1976 dernier voyage
L'essentiel en bref
Le sujet en quatre repères
En service
De 1882 à 1976
Longueur
≈ 126 km, Saint-Benoît à Saint-Pierre
Surnom
Le « ti train » ( petit train )
Vestiges
La Grande Chaloupe et le littoral
À la fin du XIXe siècle, La Réunion ose un pari fou : ceinturer l'île de rails malgré ses remparts, ses ravines et ses cyclones. Le résultat sera l'un des chemins de fer les plus spectaculaires de son temps. Voici son histoire, de l'âge d'or à l'abandon, et les traces qu'on peut encore suivre aujourd'hui.
L'histoire
Un siècle de rail, de l'essor à l'abandon
Quatre grandes étapes résument la vie du chemin de fer réunionnais, du coup d'envoi des travaux au dernier départ.
1878 - 1882
Un chantier titanesque
Pour désenclaver les villes et écouler le sucre vers les ports, La Réunion se dote d'un chemin de fer. Le chantier, lancé à la fin des années 1870, affronte un relief hostile. La ligne d'environ 126 km est mise en service le 20 février 1882, reliant Saint-Benoît à Saint-Pierre en passant par Saint-Denis et Saint-Paul.
1882 - 1930
L'âge d'or du rail
Le « ti train », comme on le surnomme en créole, devient l'épine dorsale de l'île. Il transporte voyageurs, canne à sucre, marchandises et courrier. Ses douze gares principales et ses nombreuses haltes rythment la vie des communes, du nord au sud.
1930 - 1970
Le lent déclin
L'essor de l'automobile et l'amélioration des routes, en particulier la route du littoral, détournent peu à peu voyageurs et marchandises. Coûteuse à entretenir sur un terrain balayé par la houle et les éboulements, la voie ferrée perd la bataille de la modernité.
1976
La fin du voyage
Le service ferroviaire s'arrête définitivement en 1976. Les rails disparaissent peu à peu du paysage, seule subsiste une exploitation touristique à La Grande Chaloupe. Le ti train entre alors dans la mémoire et la nostalgie de toute une île.
La prouesse
Un tracé accroché à la falaise
Construire une voie ferrée sur une île volcanique cernée par l'océan tenait de l'exploit. Le tronçon le plus impressionnant reliait Saint-Denis à La Possession en perçant la falaise de La Montagne d'une série de tunnels, là où la mer bat le pied du rempart. Des centaines d'ouvriers y ont travaillé.
Tunnels et ouvrages d'art. Des tunnels dans le basalte, une cinquantaine de ponts et des centaines de dalots ont été nécessaires pour franchir ravines et rivières.
Un combat permanent.Chutes de galets, houle et cyclones endommageaient sans cesse la voie côtière, rendant l'entretien coûteux et périlleux.
Autorail et locomotive à vapeur d'époque, conservés à La Grande Chaloupe.
Aujourd'hui
Sur les traces du ti train
Le rail a disparu du quotidien, mais quelques lieux gardent vivante sa mémoire, à commencer par un hameau suspendu entre mer et falaise.
La Grande Chaloupe
Entre Saint-Denis et La Possession, ce hameau isolé conserve la gare et un tronçon de voie. Une association y fait rouler le train patrimonial lors de journées spéciales. Le site abrite aussi les Lazarets, poignante mémoire de l'engagisme.
Le train lontan des jours de fête
Lors des Journées européennes du patrimoine et d'événements ponctuels, le vieux train reprend du service le temps d'un court trajet nostalgique, tracté par une locomotive à vapeur ou un autorail rouge restaurés.
En vidéo
Le train lontan ressort « dann fénoir »
Le temps d'une visite guidée aux Journées du Patrimoine, le ti train lontan reprend vie à La Grande Chaloupe. Une plongée en images dans ce morceau de patrimoine réunionnais.
Du ti train au Réunion Express
L'histoire pourrait bien boucler la boucle. Près de cinquante ans après le dernier voyage du ti train, le rail refait surface dans les projets d'aménagement de l'île avec le Train Réunion Express, envisagé à l'horizon 2035 pour désengorger des routes saturées. Un clin d'œil de l'histoire, entre nostalgie et modernité.
Le Ti Train est le surnom créole du chemin de fer de La Réunion, en service de 1882 à 1976. Cette ligne côtière d'environ 126 km reliait Saint-Benoît à Saint-Pierre en passant par Saint-Denis et Saint-Paul. Il a longtemps été le principal moyen de transport de l'île, pour les voyageurs comme pour la canne à sucre.
Pourquoi le train a-t-il disparu à La Réunion ?
Le déclin est venu de l'essor de l'automobile et de l'amélioration du réseau routier, notamment la route du littoral. Coûteuse à entretenir sur un tracé exposé aux éboulements, à la houle et aux cyclones, la voie ferrée a été abandonnée en 1976, remplacée par la route.
Peut-on encore voir le Ti Train aujourd'hui ?
Oui, à La Grande Chaloupe, entre Saint-Denis et La Possession. Ce hameau isolé conserve la gare et un tronçon de voie, et une association y fait rouler le « train lontan » lors d'événements comme les Journées européennes du patrimoine. On y admire un autorail rouge et une locomotive à vapeur d'époque.
Où passait la ligne du chemin de fer ?
La ligne épousait le littoral sur près des trois quarts de l'île, de Saint-Benoît à l'est jusqu'à Saint-Pierre au sud, via Saint-Denis, La Grande Chaloupe, Saint-Paul, Saint-Leu et L'Étang-Salé. Le tronçon le plus spectaculaire perçait la falaise de La Montagne, entre Saint-Denis et La Possession, à coups de tunnels.
Y aura-t-il de nouveau un train à La Réunion ?
C'est un projet d'avenir : le Train Réunion Express, un réseau ferroviaire régional envisagé à l'horizon 2035. Un siècle après le ti train, le rail pourrait ainsi refaire surface sur l'île, cette fois pour désengorger les routes. Nous détaillons ce projet dans un article dédié.
Vous êtes sur Sous Les Étoiles 974
Explorez le patrimoine de La Réunion
Sous Les Étoiles 974, c'est un site dédié à La Réunion : activités vérifiées, hébergements et guides pour découvrir l'île, son histoire et sa culture. Du patrimoine de Saint-Denis aux grands sites naturels, il y a mille récits à suivre.