Quand le train Réunion Express sera-t-il opérationnel ?+
Le premier tronçon, entre Saint-Benoît et Saint-Denis, est visé pour 2035 après des travaux démarrant vers 2030 ; le réseau complet de 140 km est envisagé à l'horizon 2050. La feuille de route a été signée par toutes les intercommunalités, la Région et l'État le 29 août 2025, et le projet passe en débat public du 19 août au 26 novembre 2026 sous l'égide de la CNDP. Tout retard dans les études ou les procédures pourrait décaler ces échéances.
Quelle est la longueur totale du futur réseau ?+
140 kilomètres au total, reliant Saint-Benoît au nord-est à Saint-Joseph au sud, en passant par Saint-Denis, La Possession, Le Port, Saint-Paul, L'Étang-Salé et Saint-Pierre. Le réseau dessert l'ensemble du littoral nord et ouest, plus une portion sud, sans desservir les Hauts ni les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie.
Combien coûte le projet et qui paie ?+
Le dossier du débat public de 2026 retient un coût de référence de 5,2 milliards d'euros hors taxes, dans une fourchette de 4 à 6 milliards incluant une provision pour aléas ( les premières annonces parlaient de 3 milliards ). Le plan de financement n'est pas encore définitivement arrêté, mais les sources attendues sont l'État ( contractualisation pluriannuelle ), la Région Réunion ( fonds propres et emprunts ), l'Union européenne ( fonds FEDER pour les régions ultrapériphériques ) et éventuellement un partenariat public-privé sur l'exploitation. Détail à finaliser à l'issue de l'enquête publique.
Quelle fréquence de passage est prévue ?+
Un train toutes les 10 à 15 minutes en heure de pointe, avec une vitesse maximale d'environ 100 km/h et 25 gares espacées de 5 à 6 km, selon le dossier présenté au débat public de 2026. Cette fréquence permettrait des trajets sans contrainte d'horaire pour les usagers quotidiens, sur le modèle des RER d'Île-de-France. Les sections moins fréquentées ( extrémités est et sud ) pourraient avoir une fréquence un peu moindre, à arbitrer dans le détail des études d'exploitation.
Le train va-t-il remplacer la voiture à La Réunion ?+
Non, le train n'a pas vocation à remplacer la voiture mais à offrir une alternative crédible sur les axes principaux. Pour les déplacements vers les Hauts ( Cilaos, Mafate, Salazie, Maïdo, Volcan ), les sentiers de randonnée, les plages éloignées des gares, la voiture restera indispensable. Le train viserait à capter 15-25 % des déplacements littoraux quotidiens d'ici 2040, selon les estimations préliminaires.
Les Réunionnais sont-ils favorables au projet ?+
Oui, à grande majorité. Les forums de mobilité organisés en 2023 par la Région ont fait apparaître que 3 Réunionnais sur 4 sont favorables au principe d'un train Express. Les oppositions résiduelles concernent principalement le tracé ( risques d'expropriation, impact paysager ) et le coût ( 5,2 milliards d'euros en coût de référence, à mettre en regard d'autres priorités sociales et économiques ).
Le tracé exact est-il connu ?+
Pas encore. Deux options principales sont à l'étude : un tracé littoral le long des RN1 et RN2, plus court et plus visible mais avec des impacts d'expropriation, ou un tracé semi-enterré sous les Hauts, plus respectueux du foncier urbain mais plus cher techniquement. Le débat public organisé par la CNDP du 19 août au 26 novembre 2026 permet aux habitants de s'exprimer ( réunions publiques, ateliers, plateforme en ligne ), avant les études détaillées et l'enquête publique qui fixeront le tracé.
Le train desservira-t-il l'aéroport Roland Garros ?+
Oui, une gare aéroport est prévue à Sainte-Marie sur la phase 1, ce qui permettrait aux voyageurs internationaux de rejoindre directement Saint-Denis ( 10 minutes ), Saint-Paul ( 35 minutes ) ou Saint-Pierre ( 1 h 30 ) sans location de voiture. Pour les destinations touristiques des Hauts ( Cilaos, Salazie, Maïdo, Volcan ), la voiture reste néanmoins indispensable depuis l'aéroport.
Quel impact environnemental ?+
Positif global, à condition que le mix énergétique de la production électrique soit décarboné. La Réunion vise une production 100 % renouvelable en 2030, ce qui rendrait le train Express très peu carboné. Côté impact direct : emprise foncière modérée par rapport à un élargissement routier équivalent, traversée potentielle de zones naturelles sensibles à minimiser dans l'enquête publique. Le bilan carbone global reste largement favorable face à la voiture thermique.
Y a-t-il eu un train à La Réunion par le passé ?+
Oui, La Réunion a disposé d'un réseau ferroviaire de 1882 à 1976, le Chemin de fer de La Réunion ( CFR ), qui reliait Saint-Pierre à Saint-Benoît via Saint-Denis sur environ 130 kilomètres. Démantelé dans les années 1970 au profit du tout-routier, le CFR laisse des traces patrimoniales visibles ( pont du Bras de la Plaine, tunnels côtiers de la pointe au Sel à Saint-Denis ). Le nouveau projet n'emprunte pas le tracé historique.
Le projet va-t-il créer des emplois ?+
Oui, à plusieurs étapes. Phase études et travaux ( 2027-2035 ) : plusieurs milliers d'emplois directs et indirects ( BTP, génie civil, ingénierie, signalétique, électrification ). Phase exploitation ( à partir de 2035 ) : conducteurs, contrôleurs, équipes de maintenance, agents de gare et de sûreté, soit plusieurs centaines d'emplois pérennes. Le chiffre exact reste à préciser dans les études d'impact socio-économique.
Faut-il déjà se passer de voiture sur l'île ?+
Non, la voiture reste à ce jour indispensable pour les déplacements à La Réunion, en particulier vers les Hauts, les cirques, les sentiers de randonnée et les plages éloignées des centres urbains. L'horizon 2035 reste lointain et le projet n'effacera pas la dépendance à la route. Les voyageurs préparant un séjour court ( 1-2 semaines ) doivent prévoir une location de voiture pour leurs déplacements.