Transport ferroviaire · 140 km · Horizon 2035

Train Réunion Express, le projet RER 140 km à l'horizon 2035

140 kilomètres de voies entre Saint-Benoît et Saint-Joseph, 3 milliards d'euros d'investissement, un passage toutes les 15 minutes à 110 km/h. La feuille de route signée le 29 août 2025, le calendrier en 3 phases, les enjeux et les questions ouvertes.

140 km de voies3 Mds € d'investissement15 min de fréquence
Fiche express

Le projet Train Réunion Express en 8 chiffres clés

Linéaire de voies
140 km Saint-Benoît à Saint-Joseph
Investissement total
3 milliards d'euros
Vitesse maximale
110 km/h
Fréquence cible
1 passage toutes les 15 min
Lancement travaux
2030
Mise en service
2035
Feuille de route signée
29 août 2025
Soutien public
3 / 4 des Réunionnais ( forums 2023 )
Note sur les visuels : les images de cette page sont des projections illustratives ( rendu IA d'une rame type RER en gare réunionnaise ). Le tracé, le matériel roulant et l'architecture des gares définitifs ne sont pas encore arrêtés et seront précisés à l'issue de l'enquête publique 2026-2027.

Le 29 août 2025, toutes les intercommunalités de La Réunion, la Région et l'État ont signé une feuille de route commune entérinant le principe du Train Réunion Express, projet de réseau ferroviaire de 140 kilomètres entre Saint-Benoît et Saint-Joseph. Le calendrier prévoit une enquête publique de 2 ans ( 2026-2027 ), des études détaillées ( 2027-2030 ), un démarrage des travaux en 2030 et une mise en service en 2035. Cette page rassemble les données factuelles connues à ce stade et les questions ouvertes.

3 phases

Le découpage du projet en 3 phases successives

Phase 1 : l'axe principal Saint-Benoît à Saint-Paul ( ~75 km ). Phase 2 : L'Étang-Salé à Saint-Pierre ( ~20 km ). Phase 3 : la jonction Saint-Paul à L'Étang-Salé via Saint-Leu ( ~45 km ). Le chantier est calibré sur 5 ans avec mise en service progressive.

Phase 1

Phase 1, axe nord-ouest Saint-Benoît à Saint-Paul

Longueur : Environ 75 kmTronçon : Saint-Benoît, Saint-André, Sainte-Suzanne, Sainte-Marie, Saint-Denis, La Possession, Le Port, Saint-PaulBassins : 8 communes desservies, 700 000 habitants en bassin de vie

La première phase couvre l'axe le plus dense de l'île, du bassin est ( Saint-Benoît ) au bassin ouest ( Saint-Paul ) en passant par la côte nord et la capitale Saint-Denis. La portion concentre près de 80 % de la population active du nord et de l'ouest, et fait face aux engorgements quotidiens de la RN1 et de la RN2. Le tracé exact n'a pas encore été arrêté ( enquête publique en cours ), avec deux options principales : tracé littoral le long de la RN, plus court et plus visible, ou tracé semi-enterré sous les Hauts pour limiter l'emprise sur les espaces urbains.

Phase 2

Phase 2, axe sud L'Étang-Salé à Saint-Pierre

Longueur : Environ 20 kmTronçon : L'Étang-Salé, Saint-Louis, Saint-PierreBassins : 3 communes, 100 000 habitants en bassin

La deuxième phase relie la sortie sud de l'axe ouest ( L'Étang-Salé ) à Saint-Pierre, deuxième pôle urbain de l'île. Le tracé reste plus court, plus simple à réaliser sur un foncier moins contraint, et complète la desserte des bassins de vie majeurs de l'île. Les communes concernées portent une part importante de l'activité industrielle et tertiaire du sud, et l'engorgement de la RN1 entre Saint-Louis et Saint-Pierre figure parmi les points noirs identifiés depuis 15 ans.

Phase 3

Phase 3, jonction Saint-Paul à L'Étang-Salé via Saint-Leu

Longueur : Environ 45 kmTronçon : Saint-Paul, Trois-Bassins, Saint-Leu, L'Étang-SaléBassins : 4 communes, axe touristique ouest

La phase de jonction achève la connexion complète Saint-Benoît - Saint-Joseph en reliant la phase 1 ( arrêt Saint-Paul ) à la phase 2 ( début Saint-Joseph ) via Saint-Leu. Cette section longe la côte ouest touristique, avec une desserte attendue des stations balnéaires de l'Hermitage, de la Saline-les-Bains et de Saint-Leu. L'enjeu technique est plus complexe ( reliefs marqués, traversée de ravines, foncier touristique sensible ), ce qui explique le découpage en troisième phase.

4 leviers attendus

Pourquoi le projet est porté par toutes les institutions

La Réunion concentre 870 000 habitants sur une bande littorale étroite, avec une dépendance à la voiture individuelle parmi les plus élevées des départements français. Les forums de mobilité 2023 ont fait apparaître un soutien public de 3 Réunionnais sur 4 au principe d'un train Express. Les 4 leviers attendus tiennent à la fois du fonctionnel et du structurel.

Désengorger les axes routiers saturés

La RN1 et la RN2, principales artères routières de l'île, supportent un trafic moyen de 100 000 véhicules par jour sur les sections les plus chargées, avec des pointes à 130 000 véhicules. Les heures de pointe matin et soir voient les temps de trajet doubler ou tripler par rapport à la circulation libre. Un train Express à fréquence régulière offrirait une alternative viable et désaturerait mécaniquement les axes routiers, sans nécessiter de nouveau bitume.

Réduire l'empreinte carbone des déplacements

Le secteur des transports représente actuellement plus de 50 % des émissions de gaz à effet de serre de La Réunion, dont 70 % imputables au transport routier individuel. Un système ferré électrifié, branché sur le mix énergétique réunionnais ( en transition vers les énergies renouvelables, objectif 100 % renouvelable en 2030 ), abaisserait significativement les émissions par voyageur-kilomètre face à la voiture thermique.

Connecter les bassins d'emploi et désenclaver

Plusieurs bassins d'emploi ( zone industrielle du Port, Saint-Denis administratif, Saint-Pierre tertiaire, Saint-Paul touristique ) restent aujourd'hui peu accessibles aux populations qui n'habitent pas à proximité, faute d'alternative crédible à la voiture individuelle. Une ligne à fréquence 15 minutes connecterait ces pôles entre eux et faciliterait la mobilité résidence-travail sur des distances de 30 à 80 kilomètres.

Cadrer l'urbanisme autour des futures gares

L'arrivée du train s'accompagne en général d'un travail d'aménagement urbain autour des futures gares ( logements, commerces, parkings relais, lignes de bus connectées ). C'est l'un des effets souvent sous-estimés du ferroviaire : il structure le développement immobilier et commercial à long terme. Les Plans Locaux d'Urbanisme des communes concernées intègrent déjà cette anticipation dans les zonages.

Questions ouvertes

Les 6 questions encore en suspens à ce stade

Le principe du projet est acté, mais plusieurs points techniques et politiques restent à arbitrer durant les 2 années d'enquête publique ( 2026-2027 ) et les 3 années d'études détaillées ( 2027-2030 ). Une page d'actualité comme celle-ci sera mise à jour au fil des annonces, à ne pas considérer comme définitive sur les chiffres précis.

Le financement de 3 milliards d'euros est-il sécurisé ?

La feuille de route signée le 29 août 2025 par toutes les intercommunalités, la Région et l'État acte le principe du projet et son enveloppe globale, sans verrouiller à ce stade le détail du plan de financement. Les sources attendues : État ( contractualisation pluriannuelle ), Région Réunion ( fonds propres et emprunts ), Union européenne ( fonds FEDER pour les régions ultrapériphériques ), partenariat public-privé éventuel sur l'exploitation. Le détail définitif sera arrêté à l'issue de l'enquête publique.

Pourquoi 2035 et non plus tôt ?

Le calendrier inclut 2 années d'enquête publique réglementaire ( jusqu'à fin 2027 ), 2-3 ans d'études détaillées et de plans techniques ( 2027-2030 ), puis 5 ans de travaux ( 2030-2035 ). Les délais sont conformes aux standards d'infrastructure ferroviaire de cette ampleur en France, voire un peu serrés. Tout retard de 12-24 mois sur l'une des étapes décale la mise en service vers 2036-2037.

Quel impact sur le foncier et l'expropriation ?

Le tracé exact n'est pas encore arrêté, mais l'option littorale traverserait des zones urbaines denses ( Saint-André, Sainte-Suzanne, Sainte-Marie ) avec un risque d'expropriations partielles. L'option semi-enterrée sous les Hauts limiterait cet impact mais alourdirait le coût. L'enquête publique de 2 ans permettra aux propriétaires concernés de se faire entendre et au tracé d'être ajusté.

Le projet rappelle-t-il l'ancien Chemin de fer de La Réunion ?

Oui, La Réunion a connu un réseau ferroviaire historique de 1882 à 1976 ( CFR, Chemins de fer de La Réunion ), reliant Saint-Pierre à Saint-Benoît via Saint-Denis sur environ 130 kilomètres. Le réseau, démantelé dans les années 1970 au profit du tout-routier, laisse encore des traces visibles ( pont du Bras de la Plaine, tunnels de la côte nord ). Le nouveau projet n'emprunte pas le tracé historique mais s'inscrit dans une logique de retour au ferroviaire après 60 ans d'absence.

Quel impact sur le transport local ( bus Car Jaune, Cars Citalis ) ?

Le projet n'a pas vocation à remplacer le réseau bus existant ( Car Jaune pour les liaisons inter-urbaines, Citalis pour le réseau urbain de Saint-Denis ) mais à le compléter. Le train assurerait les liaisons rapides et fréquentes sur les axes principaux, le bus continuerait à desservir les communes secondaires et les arrêts intermédiaires. Une refonte du réseau bus est anticipée en complément, pour optimiser les rabattements vers les futures gares.

Le tourisme bénéficiera-t-il du projet ?

Oui, mais à la marge. Le train Express est d'abord un outil de mobilité quotidienne pour les Réunionnais, pas un produit touristique. Cela dit, les visiteurs pourront l'utiliser pour rejoindre les principales communes côtières depuis l'aéroport Roland Garros ( Saint-Marie ), sans louer de voiture pour les déplacements urbains. Pour rejoindre les hauts ( Cilaos, Salazie, Maïdo, Volcan ), la voiture restera indispensable car aucune extension n'est prévue vers les cirques et sommets.

Projection illustrative : rame de train en gare tropicale bordée de cocotiers, face au lagon, future ligne réunionnaise
En attendant 2035

D'ici la mise en service, la voiture reste indispensable

À l'horizon 2026-2034, la mobilité réunionnaise reste structurée autour de la voiture individuelle et des réseaux de bus ( Car Jaune pour les liaisons inter-urbaines, Citalis pour Saint-Denis, divers réseaux communaux ). Les voyageurs préparant un séjour court doivent prévoir une location de voiture pour leurs déplacements, notamment vers les Hauts, les cirques et les sentiers de randonnée que le train ne desservira pas même après 2035.

Pour les séjours moyens ( 1-3 mois ), la location longue durée auprès de concessionnaires locaux reste plus avantageuse que la location ponctuelle. Les tarifs moyens tournent autour de 600-900 € par mois pour une citadine, contre 30-50 € par jour en location standard, soit 900-1 500 € équivalents mensuels.

Projection illustrative : rame de train moderne en gare de Saint-Denis face au lagon, projet Train Réunion Express horizon 2035
FAQ

Train Réunion Express, les questions des Réunionnais et des voyageurs

12 questions sur le calendrier, le tracé, le financement, l'impact, l'héritage du CFR et les conséquences pour les voyageurs.

Quand le train Réunion Express sera-t-il opérationnel ?+

Mise en service prévue en 2035, après 5 ans de travaux ( 2030-2035 ) et une enquête publique de 2 ans en amont. La feuille de route officielle a été signée par toutes les intercommunalités, la Région et l'État le 29 août 2025. Tout retard dans l'enquête publique ou les études techniques pourrait décaler la mise en service vers 2036-2037.

Quelle est la longueur totale du futur réseau ?+

140 kilomètres au total, reliant Saint-Benoît au nord-est à Saint-Joseph au sud, en passant par Saint-Denis, La Possession, Le Port, Saint-Paul, L'Étang-Salé et Saint-Pierre. Le réseau dessert l'ensemble du littoral nord et ouest, plus une portion sud, sans desservir les Hauts ni les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie.

Combien coûte le projet et qui paie ?+

L'investissement total est estimé à 3 milliards d'euros. Le plan de financement n'est pas encore définitivement arrêté, mais les sources attendues sont l'État ( contractualisation pluriannuelle ), la Région Réunion ( fonds propres et emprunts ), l'Union européenne ( fonds FEDER pour les régions ultrapériphériques ) et éventuellement un partenariat public-privé sur l'exploitation. Détail à finaliser à l'issue de l'enquête publique.

Quelle fréquence de passage est prévue ?+

1 passage toutes les 15 minutes sur les sections les plus denses, avec une vitesse maximale de 110 km/h. Cette fréquence permettrait des trajets sans contrainte d'horaire pour les usagers quotidiens, sur le modèle des RER d'Île-de-France. Les sections moins fréquentées ( extrémités est et sud ) pourraient avoir une fréquence un peu moindre, à arbitrer dans le détail des études d'exploitation.

Le train va-t-il remplacer la voiture à La Réunion ?+

Non, le train n'a pas vocation à remplacer la voiture mais à offrir une alternative crédible sur les axes principaux. Pour les déplacements vers les Hauts ( Cilaos, Mafate, Salazie, Maïdo, Volcan ), les sentiers de randonnée, les plages éloignées des gares, la voiture restera indispensable. Le train viserait à capter 15-25 % des déplacements littoraux quotidiens d'ici 2040, selon les estimations préliminaires.

Les Réunionnais sont-ils favorables au projet ?+

Oui, à grande majorité. Les forums de mobilité organisés en 2023 par la Région ont fait apparaître que 3 Réunionnais sur 4 sont favorables au principe d'un train Express. Les oppositions résiduelles concernent principalement le tracé ( risques d'expropriation, impact paysager ) et le coût ( 3 milliards d'euros à mettre en regard d'autres priorités sociales et économiques ).

Le tracé exact est-il connu ?+

Pas encore. Deux options principales sont à l'étude : un tracé littoral le long des RN1 et RN2, plus court et plus visible mais avec des impacts d'expropriation, ou un tracé semi-enterré sous les Hauts, plus respectueux du foncier urbain mais plus cher techniquement. L'enquête publique de 2 ans, qui débute à l'automne 2025, permettra aux populations concernées de s'exprimer et au tracé d'être ajusté.

Le train desservira-t-il l'aéroport Roland Garros ?+

Oui, une gare aéroport est prévue à Sainte-Marie sur la phase 1, ce qui permettrait aux voyageurs internationaux de rejoindre directement Saint-Denis ( 10 minutes ), Saint-Paul ( 35 minutes ) ou Saint-Pierre ( 1 h 30 ) sans location de voiture. Pour les destinations touristiques des Hauts ( Cilaos, Salazie, Maïdo, Volcan ), la voiture reste néanmoins indispensable depuis l'aéroport.

Quel impact environnemental ?+

Positif global, à condition que le mix énergétique de la production électrique soit décarboné. La Réunion vise une production 100 % renouvelable en 2030, ce qui rendrait le train Express très peu carboné. Côté impact direct : emprise foncière modérée par rapport à un élargissement routier équivalent, traversée potentielle de zones naturelles sensibles à minimiser dans l'enquête publique. Le bilan carbone global reste largement favorable face à la voiture thermique.

Y a-t-il eu un train à La Réunion par le passé ?+

Oui, La Réunion a disposé d'un réseau ferroviaire de 1882 à 1976, le Chemin de fer de La Réunion ( CFR ), qui reliait Saint-Pierre à Saint-Benoît via Saint-Denis sur environ 130 kilomètres. Démantelé dans les années 1970 au profit du tout-routier, le CFR laisse des traces patrimoniales visibles ( pont du Bras de la Plaine, tunnels côtiers de la pointe au Sel à Saint-Denis ). Le nouveau projet n'emprunte pas le tracé historique.

Le projet va-t-il créer des emplois ?+

Oui, à plusieurs étapes. Phase études et travaux ( 2027-2035 ) : plusieurs milliers d'emplois directs et indirects ( BTP, génie civil, ingénierie, signalétique, électrification ). Phase exploitation ( à partir de 2035 ) : conducteurs, contrôleurs, équipes de maintenance, agents de gare et de sûreté, soit plusieurs centaines d'emplois pérennes. Le chiffre exact reste à préciser dans les études d'impact socio-économique.

Faut-il déjà se passer de voiture sur l'île ?+

Non, la voiture reste à ce jour indispensable pour les déplacements à La Réunion, en particulier vers les Hauts, les cirques, les sentiers de randonnée et les plages éloignées des centres urbains. L'horizon 2035 reste lointain et le projet n'effacera pas la dépendance à la route. Les voyageurs préparant un séjour court ( 1-2 semaines ) doivent prévoir une location de voiture pour leurs déplacements.

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Page mise à jour le 18 juin 2026. Les chiffres et calendrier de cette page reprennent les informations publiques disponibles au 2026, à confirmer à l'issue de l'enquête publique.