Sujet sensible · sources officielles

Requin à La Réunion : comprendre leur présence autour de l’île

Pourquoi la côte ouest, quelles espèces sont concernées, où peut-on se baigner sans risque, ce que font CapRequins et CHARC. Une page de référence factuelle sur un dossier qui agite l’île intense depuis plus d’une décennie.

≈ 50espèces recensées2espèces problématiquesLagonzone sûre
Le contexte

Pourquoi cette présence sur la côte ouest

Depuis 2011, La Réunion a connu une succession d’attaques de requins, principalement sur des surfeurs et des baigneurs en eau libre, le long de la côte ouest. Cette concentration d’incidents a fait basculer le sujet du fait divers à la « crise requin » dans les médias, et a déclenché une série de mesures préfectorales, scientifiques et locales pour comprendre et limiter le phénomène.

Les deux espèces principalement concernées sont le requin bouledogue et le requin tigre, deux prédateurs côtiers présents dans toute la zone tropicale. La côte ouest concentre les usagers de la mer (surfeurs, baigneurs hors lagon, plongeurs), sur des eaux qui restent fréquentables pour ces deux espèces. La côte est, moins peuplée et plus exposée aux alizés, n’est pas concernée dans les mêmes proportions.

Panneau « Danger Baignade Interdite » planté sur une plage de La Réunion face à l’océan Indien
Repères chiffrés

Le dossier en six chiffres

La Réunion compte une cinquantaine d’espèces de requins recensées au total, mais seulement deux sont régulièrement impliquées dans les incidents avec l’homme. Les programmes publics cohabitent avec les arrêtés de baignade pour réduire le risque sans renoncer à l’usage de la mer.

  • Espèces recensées à La Réunion
    ≈ 50
  • Espèces protégées par arrêté préfectoral
    5 (récif)
  • Espèces ciblées par CapRequins
    Tigre + bouledogue
  • Plages avec filets
    Boucan-Canot + Roches Noires
  • Étude scientifique de référence
    Programme CHARC (2011-2015)
  • Réseau de surveillance
    Centre Sécurité Requin (CSR)
Espèces de récif protégées

Les requins de récif réunionnais sous arrêté préfectoral

Six espèces de requins fréquentant les récifs réunionnais sont classées sur la Liste rouge UICN et protégées par arrêté préfectoral. La pêche, la conservation à bord, le transbordement, le débarquement, le stockage et la vente de tout ou partie de ces espèces sont strictement interdits.

EspèceNom scientifiqueStatut UICN
Requin pointe blanche de récifCarcharhinus albimarginatusVU · Vulnérable
Requin gris de récif (dagsit)Carcharhinus amblyrhynchosNT · Quasi menacé
Requin corailTriaenodon obesusNT · Quasi menacé
Requin pointe noireCarcharhinus melanopterusNT · Quasi menacé
Requin nourriceNebrius ferrugineusVU · Vulnérable
Requin marteau halicorneSphyrna lewiniCR · En danger critique

Légende UICN : CR en danger critique d’extinction, VU vulnérable, NT quasi menacé. Ces espèces de récif ne sont pas impliquées dans les attaques. Les espèces problématiques sont le requin tigre et le requin bouledogue, qui ne sont pas protégées et font l’objet du programme CapRequins.

Grand requin pélagique en plein nage, eau bleu profond, banc de poissons en arrière-plan
Programmes scientifiques

CapRequins et CHARC, deux dispositifs structurants

Le programme CapRequins combine pêche ciblée des requins tigre et bouledogue à proximité des spots sensibles, marquage acoustique des individus relâchés et suivi en continu de leurs déplacements. Il est financé par les collectivités locales et l’État, et reste régulièrement débattu entre approche sécuritaire et préservation de l’écosystème.

Le programme CHARC (Connaissance de l’Habitat des Requins Côtiers de La Réunion), conduit entre 2011 et 2015 par l’Ifremer, a permis de cartographier les zones de présence des deux espèces problématiques et leurs comportements. Les conclusions de CHARC restent une référence aujourd’hui pour les arrêtés préfectoraux et les choix d’implantation des dispositifs de protection.

À ces deux dispositifs s’ajoutent les filets de protection des plages de Boucan-Canot et de Roches Noires, la vigie requin sur les spots de surf encadrés (Saint-Leu, Saint-Pierre) et les arrêtés préfectoraux qui définissent les conditions de baignade et d’activités nautiques en eau libre.

Bon sens à la mer

Six réflexes pour réduire le risque

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus

Pourquoi y a-t-il une « crise requin » à La Réunion ?
Une succession d’attaques graves, dont plusieurs mortelles, a frappé la côte ouest réunionnaise à partir de 2011, principalement sur des surfeurs et baigneurs en zone non protégée. Les autorités ont parlé de « crise » à ce moment-là, en raison de la fréquence inhabituelle de ces incidents et de leur concentration géographique. Depuis, des mesures combinées (interdictions préfectorales, programmes de pêche ciblée, vigie sur les spots de surf, filets de protection) ont permis de réduire le risque sans le faire disparaître. Le sujet reste sensible et fait régulièrement débat sur l’île.
Quelles espèces de requins sont impliquées dans les attaques ?
Deux espèces sont principalement concernées : le requin bouledogue (Carcharhinus leucas) et le requin tigre (Galeocerdo cuvier). Toutes deux peuvent fréquenter les eaux côtières peu profondes, surtout après de fortes pluies (le bouledogue tolère l’eau saumâtre des embouchures). Les autres espèces présentes à La Réunion, notamment les requins de récif protégés par arrêté, ne sont pas impliquées dans les attaques sur l’homme.
Peut-on se baigner en sécurité à La Réunion ?
Oui, à condition de respecter les zones autorisées. Le lagon, fermé par la barrière de corail sur la côte ouest, reste un milieu sûr et peu profond, sans antécédents d’attaque (Ermitage, Saline-les-Bains, Trou d’Eau, lagon de Saint-Pierre). Les plages de Boucan-Canot et de Roches Noires (Saint-Gilles) sont équipées de filets de protection et de baigneurs surveillants. En dehors de ces zones, la baignade et le surf restent réglementés par arrêté préfectoral.
Les programmes CapRequins et CHARC, c’est quoi ?
CapRequins est un programme de pêche ciblée et de marquage scientifique des requins tigre et bouledogue, mis en œuvre depuis 2014 sur la côte ouest, autour des spots à risque. Il combine pêche professionnelle, marquage acoustique et suivi des comportements. CHARC (Connaissance de l’Habitat des Requins Côtiers de La Réunion) est un programme scientifique conduit entre 2011 et 2015 par l’Ifremer, qui a permis de cartographier les zones de présence et les comportements des deux espèces problématiques. Les deux dispositifs ont apporté beaucoup à la compréhension du phénomène.
Pourquoi la côte ouest plutôt que la côte est ?
La côte ouest est plus fréquentée par les baigneurs et surfeurs (zones touristiques de Saint-Gilles, Saint-Leu, Boucan), avec des spots de surf hors lagon donc en eau libre. La côte est, exposée aux alizés et à la houle, est moins propice à la baignade et le surf y est plus rare. C’est cette concentration d’usagers en eau libre, conjuguée à la présence des deux espèces, qui explique la cartographie des incidents sur la côte ouest.
Peut-on encore surfer à La Réunion ?
Oui, mais sous conditions strictes. Le surf en eau libre est encadré par arrêté préfectoral, autorisé seulement sur des spots équipés d’un dispositif de vigie (Saint-Leu, Saint-Pierre), à des créneaux et conditions précises (visibilité, sea-shepherds en eau, pas après les fortes pluies). Le bodyboard et le surf libres restent interdits sur la majorité des spots historiques. Les écoles de surf locales adaptent leur enseignement à ce cadre.
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