À cru, en tranches
C’est l’usage qui rend justice au Victoria. On épluche en supprimant les yeux, on tranche en rondelles d’un centimètre. Aucune trempette ni sucre nécessaire, contrairement à un ananas industriel.

Petit, doré, fondant, aussi sucré qu’un litchi à pleine maturité, l’ananas Victoria de La Réunion bouscule la hiérarchie mondiale. Histoire de la filière, secrets de production, où le voir pousser et comment le déguster, tout est dans cet article.
L’ananas Victoria, c’est la version naine et plus aromatique de l’ananas que vous connaissez en supermarché. Variété Queen Victoria, pesant rarement plus d’un kilo, à la chair jaune profond et au cœur quasiment fondant. Sur l’île intense, il pousse depuis le XIXᵉ siècle, principalement dans le sud autour du Tampon et de Saint-Pierre, mais aussi dans l’est et l’ouest, sur les terres volcaniques drainantes.
Ce qui change tout, c’est l’écart thermique : nuits fraîches en altitude, journées chaudes en bordure de plantation, ensoleillement constant. Cette amplitude pousse le fruit à concentrer ses sucres et à développer des arômes que les variétés industrielles type MD-2 ou Cayenne lisse n’atteignent jamais. La filière est soutenue par le Département de La Réunion à travers un dispositif d’aide au développement, et plusieurs producteurs travaillent à la reconnaissance d’une Indication Géographique Protégée.

Comparé à un ananas industriel, le Victoria est plus petit, plus sucré et plus parfumé. La récolte est étalée sur l’année avec un pic en fin de saison chaude, ce qui en fait un produit quasi-permanent sur les étals réunionnais.
Pour comprendre comment pousse vraiment un ananas, il faut voir le rang d’ananas en pleine terre, plant par plant, fruit par fruit. La Maison de l’Ananas au Tampon est la visite la plus complète : explication de la variété, déambulation dans la plantation, dégustation à la fin. C’est aussi un excellent stop sur la route du volcan, en couplant avec la Cité du Volcan à Bourg-Murat.
D’autres producteurs ouvrent leurs champs en saison, dans le sud (Saint-Joseph, Saint-Philippe) et dans l’est (Bras-Panon, Saint-Benoît). Pour ces visites souvent moins formelles, mieux vaut appeler avant de se déplacer, surtout entre janvier et mars où la production est moins soutenue.

Trois usages classiques sur place, et trois conseils pour ramener un fruit en métropole sans tomber sur un ananas trop vert.
C’est l’usage qui rend justice au Victoria. On épluche en supprimant les yeux, on tranche en rondelles d’un centimètre. Aucune trempette ni sucre nécessaire, contrairement à un ananas industriel.
Trancher très fin, étaler sur assiette froide, parsemer de vanille de Bourbon râpée et d’un trait de citron vert. Le contraste sucre-vanille-acidité fait merveille en dessert léger.
Cubes de Victoria, gousse de vanille, sucre roux, rhum blanc local. Trois semaines de macération minimum. Le résultat est l’un des classiques du rhum arrangé réunionnais, plus rond qu’un letchi-rhum.